RAPPORT SUR LA SITUATION DE LA ZONE HUMIDE DENOMMEE "OGLAT EDAIRA " COMMUNE DE AIN-BEN-KHELLIL – WILAYA DE NAAMA –

 

 

Le huit mai 2003 , une mission composé de messieurs :

                BENKHERIA Abdelkader : représentant du PNUD et chef de projet du projet

                BENDAHO Ahmed : Président de l'association pour la protection et l'amélioration  de l'environnement de MECHERIA.

                MEBKHOUT Beghdad  : chargé de la biodiversité au sein de l'association

                BEKKARA Abdelkader : chef de circonscription des forêts de NAAMA

                AMARA Moussa : Ingénieur Forestier et coordonnateur du projet PNUD

                LES MEMBRES DE LA SECTION de l'association de AIN-BEN-KHELLIL .

 

BUTS DE LA VISITE :

-          évaluer la situation de la zone

-          faire des propositions à réaliser dans le cadre du projet .

 

SITUATION DU SITE :

 

 

 

 

I - APERCU HISTORIQUE :

 

            L’agglomération de Ain ben khellil est une ville de création coloniale (1950). Elle constituait l’un des principaux centres de recasement installés le long de la bande frontalière Ouest.

 

            Au lendemain de l’indépendance (1963), le village a connu une nette croissance de sa population ce qui a généré par conséquent des extensions urbaines conséquentes. Les conditions de vie très difficiles induites par l’aridité du climat : prolongation de la vague de sécheresse et la dégradation des espaces steppiques, ont poussés les nomades et les éleveurs des zones éparses à s’installer au niveau du village.

 

            En 1985, la commune de Ain Ben khellil à fait l’objet d’une étude d’un plan d’urbanisme provisoire (P.U.P). Ce dernier a permis de définir les réserves foncières communales qui seront affectées à l’urbanisation et a servi comme outil de base aux autorités locales pour la gestion et le développement de la commune.

 

            Sur le plan administratif, Ain Ben khellil a été promue chef lieu de commune au dernier découpage de 1984. Il lui a été accordée un intérêt particulier dans le cadre de l’option de développement « Hauts Plateaux Ouest ».

 

II - SYNTHESE GENERALE :

               

Le territoire de la commune est fortement dégradé. Il subit à la fois les effets conjugués de l’avancée du sable et le ruissellement des eaux pluviales favorisé par une faible couverture végétale. Cette situation est plus accentuée au niveau de « Magroun », où l’on enregistre des accumulations dunaires spectaculaires au Sud-Ouest du chef lieu de commune. En ce sens, une opération de stabilisation des dunes a été entamée récemment sur une superficie de 1000 hectares.

 

            Ain Ben khellil est une commune pastorale dont la population a évolué avec un rythme de croissance relativement lent (2%) depuis 1966, et ce, comparativement avec la moyenne de la wilaya.

Sa promotion au rang de chef lieu de commune a amorcé son développement qui s’est traduit par l’injection de nouveaux équipements notamment socio-éducatifs. Elle concentre actuellement prés de 40% de la population totale de la commune. L’enclavement demeure toutefois parmi ses préoccupations majeures. Il est dû en grande partie au faibles développements des infrastructures de liaison ainsi que l’absence d’activité complémentaire à l’agriculture et l’élevage.

 

Sa position centrale entre Naama - Mecheria, Sfisifa - Fortassa et Mekmen Ben Amar lui confère une position privilégiée dans l’organisation future de l’armature urbaine zonale de l’espace pastorale.

 

Cependant le réseau d’infrastructure nécessite un renforcement et une densification pour lui faire jouer un rôle de centralité. Actuellement, elle donne l’impression d’un centre repoussé au pied de la chaîne montagneuse et isolée des deux principaux axes structurant la RN6 et la RN22.

 

Sur le plan économique, la commune est caractérisée par la mono-activité dominée par l’agropastoralisme qui s’exerce sur les vastes étendues de parcours qui occupent près de 80% de la superficie totale de la commune. Toutefois cette activité commence à connaître un net recul en raison du  rythme de dégradation intense des parcours steppiques.

 

III - PRESENTATION DE LA ZONE

 

            III - 1. Situation géographique :

 

            S’étendant sur une superficie de 3560 Km2 , la commune de Ain Ben Khellil regroupe un volume de population de l’ordre de 6982 habitants. Elle est située à l’extrême Ouest de la wilaya de Naama. Elle est limitée par :

à      La commune de Kasdir et Mekmen Ben Amar au Nord ;

à      Les communes de Sfissifa, Ain Sefra et Naama au Sud ;

à      Les communes de Naama et El Biodh à l’Est ;

à      Le royaume du Maroc à l’Ouest (carte n° 1)

            III - 2. Etude du milieu physique :

 

                        III - 2 - 1. Le relief :

                        La commune de Ain Ben Khellil est une zone à vocation typiquement pastorale. Les parcours occupent plus de 80% du territoire de la commune. Le cheptel, quant à lui est estimé à près de125.000 têtes.

                                                                  

 

                        Elle est située entre deux longues chaînes montagneuses de direction Sud-Ouest / Nord-Est formant deux limite naturelles.

 

                        La 1ere chaîne montagneuse limite au Nord les communes de Kasdir et Ain Ben Khellil. Elle est formée par djebel Kerrouch (alt.1678 m), djebel Bournissa (1954 m), djebel Fechatil (1426 m), djebel Bouamoud (1416 m), djebel Gath Er hamira (1594 m) et djebel Belaroug (1326 m).

 

                        La seconde chaîne limite les communes de Ain Ben Khellil et les communes de Sfissifa et Ain Sefra. Elle est composée de djebel Pharmong (1533 m), djebel Morkad (2002m)

djebel Bouamoud (1772 m) et djebel Bourdim (2136 m).

 

                        III - 2 - 2. Le Climat :

                        Le climat est l’ensemble des actions de l’atmosphère, l’humidité, la pluie, la température, le vent, etc . C’est l’élément naturel sur lequel l’homme n’a aucune influence directe à l’exception de cas particuliers tels que les irrigations par exemple.

 

                        C’est un facteur déterminant pour le développement des plantes, de la formation et de l’évolution des sols. Ces principales composantes ont une influence importante sur l’érosion (Jacques Gréco, 1966).

 

                        Le climat est un phénomène complexe. Son influence sur les rendements des cultures et la réussite d’un aménagement de l’environnement n’est pas à démontrer (Azzouz et Boussalah 1991).

 

                        Au niveau du territoire national, on distingue quatre grandes zones climatiques entre ses deux limites extrêmes ( La mer et le désert) :

à      La zone littorale : Au climat chaud et humide. Elle s’étend du niveau de la mer jusqu’à 100 m d’altitude.

à      La zone des montagnes telliennes : Elle est tempérée sur ses versants Nord et froide et fraîche sur les versants Sud et en altitude.

à      La zone des hauts plateaux et des hautes pleines : Elle est sèche et aride. Elle est caractérisée par des extrêmes, et y est marquée par des froids rigoureux et des chaleurs excessives.

à      La zone saharienne : Elle se distingue par des pluies rares et irrégulières (Kadik, 1986).

 

            Faute de données climatiques sur la zone d’étude, (Absence d’une station d’observation), il a été jugé utile de faire référence aux deux stations les plus proches, en l’occurrence celles de Mecheria et Naama.

 

Caractéristiques

Stations

Altitude

(m)

Longitude

Degrés(°)

Latitude

Degrés(°)

Période

(Année)

Précipitation

(mm)

M (°C)

m(°C)

Mecheria

1149

00°16’W

33°33’N

1970-96

255.59

36.4

2.5

Naama

1166

00°18’W

33°16’N

1991-96

230.3

35.9

1.1

 

N.B :    * Précipitations moyennes annuelles

            * M(°C) : Moyennes des températures maximales du mois le plus chaud.

            * m(°C)  : Moyennes des températures minimales du mois le plus froid.

 

                        2 -2-1 . Pluviométrie :

                        La pluviométrie est parmi les principales composantes du climat qui contribue à la désertification des zones arides. En fait l’aridité est une conséquence d’un déficit de précipitation par rapport à l’évapotranspiration durant une période plus ou moins longue de l’année (Arrignon 1987).     

 

 

*   Moyenne des précipitations mensuelles (mm) des deux stations météorologiques

 

mois

stations

J

F

M

A

M

J

Jt

A

S

O

N

D

P(mm)

Mecheria

17.59

37.52

57.45

21.15

15.68

13.22

07

6.59

23.22

21

20.46

14.71

255.59

Naama

11.7

19.67

52.50

15.30

10.50

17.60

4.6

12.5

21.75

33.8

20.40

10.00

230.30

 

                     Pour la station de Mecheria : La période d’observation : 1970 -1996

                     Pour la  station de Naama   : La période d’observation : 1991 -1996

à      Pluviométrie hivernale : (Décembre, Janvier, Février) : Mecheria : 69,82 mm

                                                                                                               Naama     : 41,.37mm

à      pluviométrie printanière ( Mars, Avril, Mai)        : Mecheria : 94,28 mm                                                                                           Naama     : 78,30 mm

à      Pluviométrie estivale (Juin, Juillet, Août)                    : Mecheria : 26,81 mm

                                                                                                                Naama    : 34,70 mm

à      Pluviométrie automnale (Sept. , Oct., Novem.)           : Mecheria : 64,68 mm

                                                                                                                Naama     : 75,95 mm

 

                     La répartition saisonnière des pluies est marquée pour la station de Mecheria par les prédominances des pluies de printemps et d’hiver, et les pluies d’automne sont aussi importante. Par contre, on remarque une prédominance des pluies de printemps et d’automne pour la station de Naama et une baisse de pluie hivernale.

                     On observe entre autre une baisse nette des pluies estivales pour les deux stations.

                     Annuellement la région de Mécheria reçoit environ 256 mm de pluie par an, et la région de Naama 230 mm.

 

 

 

 

* Diagrammes des précipitations moyennes mensuelles :

Station de Mécheria ( 1970 - 1996 )

Station de Naama  (1991 - 1996 )

 

 

 

 

 

 

 

* Moyennes saisonnières des précipitations des deux stations : (mm)

 

Station

Période

Hiver

Printemps

Eté

Automne

Mecheria

1970-1996

23.27

31.42

8.93

21.56

Naama

1991-1996

13.79

26.10

11.56

25.31

 

            Le régime saisonnier des précipitations de la station de Mécheria durant la période (1970 - 1996) est du type : PHAE , au niveau de la station de Naama durant la période (1991 - 1996) est du type : PAHE.

           

            Notre zone d’étude est caractérisée par des précipitations faibles et irrégulières. La répartition est souvent capricieuse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

*     Diagrammes des précipitations moyennes saisonnières :

 

- Station de Mécheria -

 

- Station de Naama -

III.2.2.2 .La Température :

            La température, second facteur constitutif du climat influe sur le développement de la végétation. Ce sont les températures extrêmes plus que les moyennes qui ont une influence sur la végétation, sauf si elles sont exceptionnelles et de courte durée (Greco., 1966).

 

            Seules les valeurs ayant une signification biologique sont prises en considération : Températures moyennes mensuelles, moyennes des maxima du mois le plus chaud (M), moyennes des minima du mois le plus froid (m), et l’amplitude thermique (M -m).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Données des températures des stations de Mécheria et Naama

 

 

 

 

STATION

 

MECHERIA

NAAMA

 

PERIODE

1970 - 1996

1991 - 1996

 

Paramètre

Mois

M°C

m°C

M+m

2

M°C

m°C

M+m

2

 

Janvier

11.1

2.5

6.8

9.5

1.1

5.3

 

Février

12.6

3.6

8.1

12.6

1.2

6.9

 

Mars

16.0

6.0

11.0

16.6

3.2

9.9

 

Avril

18.3

7.3

12.8